CAMàYEUX Marseille présente OPUS TEMPORIS, de Jacques Clauzel
Vernissage le jeudi 2 mars 2006, à partir de 18h à la galerie CAMàYEUX Marseille
L’approche photographique de Jacques Clauzel, comme l’ensemble de son oeuvre est une quête du silence et une recherche de ce qui ne se donne pas d’office. Ce qui est important pour l’artiste c’est non pas le sujet mais le lien que l’on a avec. Le laboratoire est l’une des étapes les plus importantes, lui permettant d’abroger le maximum d’informations, et de rendre, ainsi, l’objet le moins identifiable possible, le noyant le plus souvent dans le noir, seule source de lumière pour l’artiste, plongeant ainsi le sujet dans l’intemporalité.
L’expérience artistique qu’il nous propose avec ses photographies de fruits rongés par le temps « laisse
libre le spectateur d’en accepter la résonance ».
« Au travers de cette discipline retrouvée, je côtoie mon oeuvre de peintre et de graveur. Les objets, non
identifiables pour la plupart, jouent dans le même espace que mes tableaux et que mes gravures. Il n’y a plus, en ce qui me concerne, d’espace entre mes tirages et mes tableaux. Ils sont, comme eux, pétris de silence. »
Le parcours photographique de Jacques Clauzel connaît une rupture quand, après dix ans d’enseignement, aux Beaux arts de Montpellier, complètement engagé dans l’art contemporain, il ne perçois plus l’intérêt que la photographie peut représenter. Il n’y voit plus que le lien nécessaire à la réalité, un aspect lisse et se sent limité dans la création. Il se concentre alors sur peinture, la
lithographie, la sérigraphie.
Jacques Clauzel s’intéresse de nouveau à la photographie suite à un choc puissant. Un jour, alors qu’il rentrait chez lui, il voit, suspendues à un arbre des grappes de grenades sèches. Elles sont l’image parfaite de ce qu’il a toujours voulu faire apparaître dans son travail. Il ne lui restait plus qu’à les cueillir et les laisser vivre dans son atelier. Il les laisse libres, ainsi pendant une année, et les photographie ensuite sans aucun « effet artistique ». Il ne s’agit pas de montrer une esthétique mais de témoigner de « l’ouvrage du temps ».
Il travaille à partir d’une réalité que l’on n’est pas habitué à voir. « Les règles qui régissent et codifient
le monde de la photographie, tant au point de vue du choix et de l’interprétation du sujet que de la « qualité » du tirage,ne peuvent plus servir ». Les sujets sont ainsi défigurés par la distorsion, par les effets du temps et des éléments, ils ne sont plus identiques à ce, ou à la vision que l’on attend d’eux.
Ils sont eux, différents, dans une vérité nouvelle, et continuent de s’inscrire dans la réalité. C’est en
cela, parce qu’ils bousculent ainsi les idées reçues, qu’ils parlent à ce qu’il y a de plus intime et de
plus abstrait en nous.
Jacques Clauzel revendique la pluralité de discipline et sa volonté de ne pas être « classé » dans une
seule catégorie artistique. Il travaille régulièrement avec les poètes les plus connus tels que : Andrée CHEDID, Pierre DHAINAUT, Michel BUTOR.
Jacques Clauzel est régulièrement édité et réalise des livres d’artiste qui sont pour lui le prolongement
direct l’exercice artistique.
NB : toutes les citations de Jacques Clauzel sont en italique.